Cyril Dion, Parrain de la Fête des Possibles !

La Fête des Possibles 06-09-2017

C’est possible de faire un métier qu’on aime, qui nous passionne et qui nous rend heureux. J’ai développé cette croyance que, quand on exprime la chose pour laquelle on a vraiment du talent et qui nous rend vraiment heureux, les gens le reconnaissent et ça nous épanouit. Rencontre avec Cyril :

Après avoir été comédien, avoir organisé des congrès israélo-palestinien, co-fondé Colibris avec Pierre Rabhi et quelques amis en 2007, crée le magazine Kaizen et une collection chez Actes Sud qui s’appelle Domaine du Possible, Cyril Dion a décidé de se concentrer sur l’écriture de livres et la réalisation de films. On ne présente plus Demain, co-réalisé avec Mélanie Laurent, qui a également donné naissance à deux livres publiés chez Actes Sud. Mais Cyril Dion ne s’est pas arrêté là ! ll a également écrit un recueil de poèmes et vient tout juste de publier un premier roman, Imago.

Cyril, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ton Possible : donner du sens à son travail ?

Pour moi, ça a toujours été un peu l’obsession. Je détestais l’école, j’avais l’impression d’y être enfermé et qu’on m’obligeait à être là. Je me disais : quand je vais sortir de l’école, je vais être obligé d’aller travailler et faire quelque chose qui n’a pas vraiment de sens pour moi, simplement pour gagner de l’argent à la fin du mois. Ça ressemblait à la prison ultime, la quadrature du cercle. Donc l’obsession, ça a été : comment je peux faire un truc dans ma vie qui soit…profondément en accord avec mes valeurs, et qui me donne envie de me lever chaque matin, qui me fasse kiffer !

Comme tout le monde, j’ai ramé, j’ai commencé à faire plein de petits boulots : vendeur de jeans, coursier, peintre en bâtiment, standardiste…Et puis, au fur et à mesure des rencontres de la vie, j’ai essayé d’aller vers “de plus en plus de cohérence”, vers l’activisme pour la paix dans le monde, l’écologie. Jusqu`à comprendre que ce qui était le plus important pour moi, c’était de créer.

Et donc, j’ai l’impression (enfin) depuis 3 ans, d’avoir réuni la partie de moi-même qui aspire à créer, et la partie de moi-même qui aspire à être utile.

La Fête des Possibles, c’est l’invitation à la rencontre pour s’inspirer et créer ensemble. Et ta rencontre avec Pierre Rabhi, Cyril ?

Pierre, je l’ai rencontré à plusieurs reprises. J’ai d’abord rencontré ce qu’il dit. La première fois que j’ai entendu parlé de lui, je m’en souviens très bien. Je faisais une formation en réflexologie plantaire (oui, parce que de façon très brève, j’ai été réflexologue aussi !). La formatrice est arrivée avec le 4 pages qu’il avait fait pour les élections présidentielles en 2002. On le voit avec ses bretelles dans un champ de blé.

La formatrice nous a distribué ce 4 pages en nous disant : “bon, c’est pas trop l’endroit pour vous donner un document politique mais en même temps, c’est une des rencontres qui a le plus bouleversé ma vie, et je pense que c’est important que vous ayez ça”. Et elle nous a tendu cette espèce de tract.

J’ai commencé à me dire : mais qu’est-ce que c’est que ce mec ! Algérien, en bretelle et en sandales, qui se présente aux présidentielles avec le programme qu’on lui connaît maintenant : le féminin au cœur du changement, la décroissance, etc.

La deuxième fois, c’était un peu du même genre. Dans la fondation où je travaillais et où on organisait des congrès israélo-palestiniens, on avait fait un livre qui s’appelait Le Divan de Marianne où on interviewait les différents candidats aux élections. On avait donc interviewé Pierre. De la même façon, c’était surréaliste dans le sens où ils parlaient tous d’emplois, de croissances, etc. et Pierre, lui, disait, la société, ça devrait être comme une main. Une main a des doigts qui ont tous une taille différente, une forme différente mais ils sont complémentaires et ils forment un ensemble cohérent. Et je me disais : ah ouais d’accord, c’est ça son programme !

Fin 2006, quand j’ai quitté Hommes de paroles  (NDLR : fondation avec laquelle Cyril organisait les congrès israélo-palestiniens), c’est une des personnes qui accompagnait Pierre dans le lancement de Colibris, Isabelle Desplats, qui a eu une illumination sur son scooter, comme elle le raconte. Ils cherchaient une personne pour créer le mouvement, et ils ne trouvaient pas, et elle s’est dit : “bon sang mais bien sûr, c’est à lui qu’il faut demander !” Et puis, j’ai rencontré Pierre. C’était au jardin du Luxembourg, et c’était très…normal ! “Salut, ca va ! Ouais, ca va ! Ouais, moi, j’aime bien ce que tu écris ! Et alors tu es quand même d’accord que ce serait bien de faire un mouvement…? Bah oui ! Et toi, ça te motive ! Bah oui !”

Et puis, voilà, Colibris commençait…

Et pour finir, Cyril, pourquoi as-tu accepté d’être parrain de la Fête des Possibles ?

Ça a commencé comme ça commence toujours ! Des copains qui disent : “on lance un super projet, ça va être super, est-ce que tu ne voudrais pas nous aider, est-ce que tu ne voudrais pas en être ?” Et puis, tu n’as jamais vraiment le cœur de dire “non”. Alors, parfois, tu dis “non”, mais quand c’est des copains, généralement, tu dis “oui”. Là, c’était Julien, co-fondateur d’Enercoop, que je connais depuis un bon moment, avec qui, avec un petit collectif, on avait créé le Collectif pour une Transition Citoyenne. Avec cette idée qu’il y avait plein d’énergies partout et qu’il fallait réunir tous ces gens, les agréger, faire en sorte qu’ils se sentent nombreux, qu’ils se sentent faire partie d’un ensemble plus vaste pour leur donner encore davantage d’énergie.

Et puis l’esprit de la Fête des Possibles, c’est exactement ce qu’on a fait dans Demain : aller à la rencontre de gens qui font des choses, montrer que c’est possible. Donc, ca aurait été se foutre de la gueule du monde de refuser (on le met comme ça ou on ne le met pas comme ça ? Allez si, on peut ! On assume !)